donut sucre rose gros plan

Mon défi zéro sucre



Mon défi zéro sucre: neuf semaines et demi

T out a commencé un peu par hasard, en regardant un docu sur Arte: Sucre, le doux mensonge. Ensuite, j’enchaine sur le témoignage (merci youtube) de la journaliste Danièle Gerkens qui a arrêté le sucre pendant un an, une série de vlogs sur le sevrage, un bouquin: Programme Sucre Détox, en Sept Jours, de Pierre Nys et un autre documentaire That Sugar Film.

Là, après ce sympathique lavage de cerveau accéléré, j’ai plus vraiment envie d’en manger, du sucre. D’où ma décision, LA décision, de moi aussi, me sevrer. Et parce que si c’est facile c’est pas drôle, je décide de me lancer le défi de tenir UN an SANS sucre.





Sucre: ennemi public

Le sucre c’est le nouvel ennemi à abattre, le fourbe qu’on ne soupçonnait pas, celui qui cachait bien son jeu, tout occupé qu’on était à surveiller notre gras et à craindre le grand méchant cholestérol.

Aujourd’hui on trouve du sucre partout, dans les gâteaux, évidemment, mais aussi les produits dits de régime, les plats cuisinés et même dans les steaks hachés! Pareil pour la baguette de pain. Si comme moi vous êtes un.e puriste du pain (je n’adore pas le pain, je l’aime d’amour… Le pain, ma passion, ma bataille, ma vie.), là encore, trahison. Le pain blanc, donc composé de farine raffinée (T55), c’est en fait une bombe à retardement. Pour faire simple, le pain blanc c’est de l’amidon (du sucre formé par une chaîne de molécules de glucoses) qui en fait un aliment à indice glycémique (IG) élevé. Donc même si le goût n’est pas sucré, le pain blanc c’est du sucre.

Vous allez me dire, IG élevé, bon et alors?

Ben, c’est là tout le problème. L’indice glycémique c’est la vitesse à laquelle le sucre passe dans notre sang. Plus il passe vite dans le sang, plus l’indice va augmenter rapidement et brutalement (les fameux pics de glycémie). Quand ces pics de glycémie surviennent, notre corps s’applique à rétablir le taux de glycémie d’origine. Et sécrète de l’insuline. Et, c’est là que le bât blesse, les pics d’insuline provoque deux trucs pas cools du tout:

  • Si ce phénomène se répète trop souvent, il peut conduire à un diabète de type 2 et favorise les mécanismes d’inflammation qui peuvent conduire à tout un tas de maladies (cardiaques notamment)
  • Il favorise le stockage des graisses (noooooooooooooooooon!!)

Le sucre, comme si ça suffisait pas, est addictogène. Le sucre appelle le sucre et entraîne une dépendance. Le documentaire cité plus haut, fait état d’une étude conduite sur des rats pour comparer le niveau d’addiction entre le sucre et la cocaïne. Et le grand gagnant est… Le sucre! https://www.consoglobe.com/sucre-puissant-cocaine-cg

Et comme le sucre est partout, les industriels nous ont habitués à ce goût sucré, nous l’ont rendu familier et indispensable dans notre alimentation.





Neuf semaines et demi

J’ai commencé ce challenge le 19 février 2018 (et oui quand ta vie s’arrête, en général, tu t’en souviens!)  et ça fait donc plus de neuf semaines que je pleure tous les soirs pour m’endormir, en PLS au fond de mon lit, prête à vendre père et mère pour une tablette de chocolat…

Le début est difficile, les tentations sont partout. On y pense tout le temps. Et c’est aussi à ce moment là que je me suis rendue compte de la dimension sociale de la consommation sucrée. C’est le petit plaisir en fin de repas, le cheesecake sauce caramel à l’heure du goûter, le croissant sur le chemin du taf, la tarte de mamie au dernier repas de famille… Le problème n’est pas juste d’arrêter, mais aussi de dire non, de refuser sans vexer, de changer toutes ses habitudes.

Après toute ces semaines, ce qui perdure c’est l’idée du sucre, le réflexe développé au fil des années qui me pousse à vouloir manger un beignet après un moment difficile par exemple. C’est la dimension “récompense” et plaisir associée aux sucreries. C’est aussi le pouvoir visuel de toute cette bouffe sucrée. Les viennoiserie, les beignets, les cookies, brownies, tartes aux fruits, biscuits, etc, ont tous un aspect visuel presque hypnotisant. C’est moelleux, croquant, fondant, coulant, c’est des couleurs chaudes, brillantes, luisantes, appétissantes. Si l’industrie agroalimentaire en a ajouté partout (même dans le taboulé) c’est aussi pour ses propriétés: le sucre apporte de la texture aux aliments, favorise la conservation, améliore l’aspect, permet de réhausser le goût mais aussi la couleur des aliments. Dans cette veine, le journaliste Mickael Moss a fait un gros travail d’investigation (voir son livre Sucre, sels et matières grasses). S’il ne se concentre pas que sur le sucre, sa théorie sur l’addiction développée par les industriels de l’agroalimentaire reste édifiante. Il évoque par exemple le « point de félicité » développé par le psychologue américain Howard Moskowitz, c’est à dire la parfaite quantité de sucre (ni trop, ni pas assez) qui rend les boissons et la nourriture délicieuses pour nous simples mortels. Le sucre augmente le plaisir mais au delà d’un certain seuil, il peut aussi rendre les aliments écoeurants. Ce point F c’est un peu le point G de la bouffe: jusqu’à une certaine dose on ressent un plaisir gustatif mais une fois le “climax” atteint, plus de sucre n’entraînera qu’écoeurement. Plus flippant encore (autre exemple), Frito-Lay, cette grosse boîte qui commercialise, entre autres, les fameux Cheetos utilise la technique de la  “disparition de la densité calorique”. Le Cheetos fond dans la bouche et signale au cerveau, à tort, que le corps n’ingurgite pas beaucoup de calories. En gros, des aliments comme les Cheetos ou autres, font croire au cerveau que notre faim n’est pas assouvie alors même que notre corps fait le plein de calories et de sucre.


Les premiers jours, j’étais affamée. Un véritable ventre sur pattes (pire que d’habitude), l’envie de braquer la boulangerie du coin et une fringale toutes les deux heures. Surtout qu’au début de ce challenge, j’étais encore au chômage, donc tout le temps du monde pour penser à manger. Les premiers temps, j’avais un peu moins d’énergie aussi, mon corps devait s’habituer à mon nouveau régime alimentaire.

Et puis il y avait aussi la difficulté, sociale donc, de refuser les desserts quand j’étais invitée, ou pire, de regarder les autres se goinfrer devant moi. De devoir refuser le gâteau fourré au chocolat proposé par ma collègue (qui ne se doute pas de mon défi zéro sucre), de devoir le reluquer du coin de l’oeil le reste de l’après-midi, de déployer des trésors de self control pour ne pas craquer…





Tenir bon !

J’avoue avoir fait quelques écarts, principalement pour ne pas vexer ma mère qui avait confectionné un super dessert. Et, fait étonnant, au bout de plusieurs semaines (maintenant, plusieurs mois), le sucre me fait moins envie. Quand j’en mange un peu (le fameux écart), ça me semble beaucoup trop sucré, c’est presque agressif, le plaisir a disparu, surtout quand il s’agit d’aliments industriels ou de boulangerie.

Je ne mange plus de gâteau, plus de repas tout fait, plus de pain blanc (le moins possible), je privilégie les pâtes et farines semi voire complètes, plus de bonbon, plus de desserts sucrés, plus de jus de fruits. Par contre, je mange des pommes tous les jours, des amandes, des yaourt natures au flocons d’avoine, etc. Je m’accorde un peu de miel de temps en temps.

En cuisinant moi-même, je peux contrôler les aliments que j’utilise. Je m’efforce de manger un maximum de produits bio et locaux et en cuisinant plus (au lieu d’acheter des plats tout prêt) je peux aussi limiter mes dépenses.

Et voila ce que je constate: meilleure digestion, diminution de la graisse abdominale et beaucoup plus d’énergie. Vraiment plus d’énergie! Je me sens plus lucide, en forme,  j’ai l’impression d’avoir débarrassé mon esprit des pensées parasites liées au sucre. Mine de rien, le sucre, le désir du sucre, prenait beaucoup de place dans mon esprit. J’ai toujours eu un rapport affectif avec la nourriture et le sucre prenait la première place! Je n’ai plus de migraines ou de fatigue après les repas. Lorsqu’on mange des aliments très sucrés et à IG élevé, notre indice glycémique augmente d’un coup pour redescendre ensuite brutalement provoquant la sensation de faim. Depuis que j’ai arrêté, ma faim est plus “raisonnable” et correspond aux moments des repas.


J’ai d’abord affiché un calendrier sur le frigo (tout un symbole) où je coche chaque soir les journées accomplies sans sucre. J’ai un rappel visuel, je vois le chemin parcouru et au lieu de penser à l’ampleur du challenge (un an!), je le prend au jour le jour, étape par étape.

Ensuite, je pense que c’est une bonne idée d’en parler à son entourage: je me sens “obligée” de continuer maintenant que j’en ai parlé à tout le monde! Et du coup ma famille et mes proches sont prévenus et évitent de me tenter (bon, y’a aussi des inconvénients, comme par exemple mon grand-père qui est persuadé que je fais partie d’une secte… En plus je suis végétarienne… Le pauvre!)

Le plus difficile, ce sont les premières semaines. Justement parce que la privation entraîne la frustration et qu’on y pense toute le temps. Après maintenant presque 4 mois, j’y pense beaucoup moins et surtout, j’en ai moins envie. Je me satisfait autrement, avec des fruits, des dattes, du fromage, des plats salés que je cuisine, de temps en temps du chocolat 85%, etc. Et j’ai appris à manger par procuration héhé! (merci chefclub).

Dites-moi ce que vous pensez de ce challenge !

À bientôt 🙂


Vous avez aimé ? Partagez !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *