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Sorties cinéma été 2018



Sorties cinéma été 2018

A oût, la canicule est aux portes de la ville, on a chaud, on sue, on met nos culottes au congélo et on rêve d’une piscine olympique avec bar à mojito (quand la seule solution reste la piscine du rhône, 8 euros l’entrée, pas d’ombre et tous les oubliés de Lyon qui se pressent dans les bassins en attendant les VRAIES vacances...). L’autre solution, celle que je choisis, c’est le cinéma. Deux heures à s’oublier dans la pénombre anonyme d’une salle climatisée (du froiiiiiiiid), paye ton bonheur à 7 euros. Malheureusement si dehors on crève de chaud, au cinéma c’est un peu la douche froide. Au mieux, la douche tiède. Petit tour d’horizon des dernières sorties cinéma:




Everybody Knows


Ca commence bien. L’Espagne rurale, les retrouvailles d’une famille lors d’un mariage, la disparition de la fille de l’héroïne revenue au bercail pour le mariage de sa soeur, un lourd secret, des non dits. Pour porter le mystère, deux grands acteurs: Javier Bardem et Penelope Cruz, on ne les présente plus. Tout est réuni pour faire un film comme on les aime à grand renforts de disputes familiales, portes qui claquent, anciennes blessures et secrets révélés. Sans oublier le réa, auteur des très bons “Une séparation” et “A propos d’Elly” que, pour le coup, je recommande fortement. “Everybody knows”, par contre, un peu moins. Si la première partie du film est très réussie, l’enquête pour retrouver la fille de Pénélope Cruz s’enlise, les paysages de carte postale bucoliques lassent et les révélations tournent au cliché et ne surprennent pas. Dommage.




Hérédité


Je ne vais pas mentir, je suis un peu déçue. D’abord parce que je suis une grande sensible et aller voir un film d’horreur au cinéma, seule (et de mon plein grés), ça relève du miracle. Et Hérédité ne m’a pas fait si peur que ça. Et pas transcendé non plus. Je m’explique.

La première partie du film est franchement engageante, du suspens, une famille disfonctionnelle, un décés. Une mère de deux enfants (jeunes adolescents) perd sa propre mère avec qui elle entretenait une relation difficile et pour qui elle ne ressentait pas vraiment d’affection. La première partie du film, tranquillement, plante le décor. Une grande maison au milieu des bois, une mère artiste qui reproduit des scènes de sa vie quotidienne en miniature, une enfant perturbée et solitaire qui ramasse des oiseaux morts. Ca sent bon le drame, ça sent bon le mystère, ça présage l’horreur. Et le film tient ses promesses jusqu’au deux tiers avec un nouveau rebondissement terrible et inattendu qui fait basculer l’histoire (je n’en dis pas plus) et interroge sur la question du deuil, de la mort, de l’hérédité et de la maternité. C’est d’ailleurs la partie la plus intéressante du film: une mère peut elle vouloir du mal à ses enfants? Une mère peut elle ne pas aimer ses enfants? Sommes nous tributaires de ce que nos parents nous ont légués, que ce soit leurs gènes ou leur éducation?

Mais finalement, dans le dernier tiers du film, ni la “résolution”, ni les scènes dites d’horreur ne sont à la hauteur.  Les pièces du puzzle pour comprendre le film sont mal dispersées, mal utilisées et les scènes d’horreur teintées de spiritisme manquent de faire frémir sur son siège la peureuse que je suis… Qu’un film d’horreur laisse la porte entrouverte aux interprétations et se nourrisse du fantastique et du spiritisme ne me gène absolument pas. Cependant, ici, l’explication est trop partielle, trop tardive et trop subtile pour vraiment convaincre et nous laisse les tripes nouées à la fin de la séance.

Si vraiment vous voulez avoir peur, voici quelques films franchement flippants (et même pires), des films que je n’ai vraiment plus jamais envie de revoir tellement l’histoire me retourne les ovaires:

Antichrist de Lars Von Trier (dédicace à ma pote Anais, une puriste du film d’horreur, avec qui je suis allée vois ce sympathique film dans le cinéma le plus glauque de Lyon… merci :)!); Old Boy (que je ne veux JAMAIS revoir), The Chaser (tu veux avoir peur, fais toi un coréen), Shinning (un classique, rien à dire).




Tully


Hollywood a enfin compris que les femmes vont au cinéma et génèrent du cash $$$. Depuis quelques années des films comiques (“Bad Moms” qui surf, mal, sur la vague de “Very Bad Trip” ou encore la tendance aux remakes déguisé et féminisé tels que “Ghostbuster” ou “Ocean 8”) en passant par les films de super héros (Wonderwoman), les femmes sont “bankable” (et le féminisme aussi) !

Tully s’attaque à l’image de la mère pure et parfaite nourrie par Instagram et ses images filtrées de mamans aux anges, leur chérubins souriants aggripés à leurs hanches, cupcakes et déco nordique en arrière plan le tout en faisant la promo d’un énième thé miracle qui fait mincir, enlève les vergetures, supprime la cellulite, rend les dents blanches…

Marlo, une femme de 40 ans, maman d’une fille et d’un garçon, attend son troisième enfant. Avec son mari, très occupé par son travail et ses jeux vidéos c’est plus vraiment la fête: ils ne se parlent plus, ne se touchent plus …

Finalement, sur les conseils de son frère (qui lui pour le coup a tout de la vie “Instagram”), elle décide d’engager une “night nanny”, une nounou qui vient la soulager la nuit, lui permettant de dormir entre deux sessions d’allaitement. A partir de là, la vie de Marlo s’illumine alors qu’elle entretient une sorte de double vie aux côtés de Tully, une jeune fille douce et dévouée qui l’aide nuit après nuit.

Le film oscille entre drame et comédie avec une Charlize Theron convaincante dans le rôle de la mère épuisée, dépassée au bord de la crise post partum. Je regrette seulement la fin du film, qui surprend avec un twist tragique mais se lisse rapidement pour offrir un happy end facile à l’américaine, comme si Jason Reitman n’assumait pas complètement le sérieux de son sujet…


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